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L’église d’Arches

L'église d'Arches Statue de Saint Maurice en officier romain

 

 

 

 

 

 

 

L’église d’Arches est dédiée à Saint Maurice (fête le 22 septembre).

En arrivant, on voit , au dessus du porche d’entrée, la statue d’un homme à cheval. Son habillement est celui d’un officier romain. Plus que la description de l’édifice, mieux vaut se pencher sur l’histoire de cet homme :

Maurice est probablement né en Egypte vers l’an 260. Du moins c’est ce qu’on peut déduire du fait qu’il était officier au sein d’une légion romaine dite légion des thébains ainsi appelée parce qu’elle comportait un bon nombre de soldats originaires de la région de Thèbes, en Haute Egypte. On sait que de nombreux soldats des légions romaines étaient recrutés parmi les habitants des diverses contrées de l’empire romain.

Arrétons-nous un moment sur l’Egypte à l’époque où Maurice était encore enfant. On y parle de plus en plus souvent des chrétiens. Très tôt, la nouvelle religion a gagné les villes du delta, en particulier Alexandrie : on n’est pas si loin de la Judée... Dès le Ier siècle, probablement grâce à l’action de l’apôtre Marc, naissent les premières communautés chrétiennes d’Egypte. En deux siècles, la foi chrétienne remonte la vallée du Nil et gagne de plus en plus. Vers l’an 260, donc à l’époque du jeune Maurice, l’Egypte comptait une cinquantaine d’évèques (Nota : on appelle évèque, à l’époque, le chef de la communauté chrétienne de toute ville tant soit peu importante), et le christianisme, sans être majoritaire, touchait sans doute 15 à 20% de la population, selon les récentes études historiques. La nouvelle religion devait sans doute intéresser les jeunes moins réticents à s’éloigner des traditions ancestrales avec leurs dieux variés issus des temps des pharaons... Sans doute, donc, Maurice devint chrétien, s’engagea ou fut enrôlé dans l’armée romaine, quitta son pays avec d’autres compagnons d’armes. Il emportait sa foi dans ses bagages...

Vers l’an 300, (on n’est certain que de l’intervalle entre l’an 285 et l’an 306) , Maurice, officier au sein de la légion thébaine, était dans le secteur d’Agaune (canton de Valais - Suisse). L’empereur de l’époque Dioclétien était en butte aux chrétiens, dont la religion n’était guère compatible avec la mentalité et les usages publics. Il lui fallait réagir. Il donna de nombreux ordres pour contrer le christianisme naissant et se fit aider par un vaillant soldat qui avait gravi hardiment tous les échelons militaires, devenant ainsi une sorte de "maréchal d’empire" : Maximien. Mais laissons la parole à Eucher, qui fut évèque de Lyon de 435 à 450 et qui nous a laissé le récit suivant :

" Il y avait à cette époque une légion de soldats, de 6 500 hommes, qu’on appellait les Thébains. Ces guerriers, valeureux au combat, mais plus valeureux encore dans leur foi, étaient arrivés des provinces orientales pour venir en aide à Maximien. Comme bien d’autres soldats, ils reçurent l’ordre d’arréter des chrétiens. Ils furent toutefois les seuls qui osèrent refuser. Lorsque cela fut rapporté à Maximien, ce dernier entra dans une terrible colère..." Dans la suite de son récit, Eucher nous apprend la décision de Maximien et ses conséquences : Maurice, et d’autres officiers ou sous officiers chrétiens tels que Exupère et Candide sont décapités. Probablement bien d’autres soldats chrétiens furent passés par les armes. Les exécutions eurent lieu au lieu-dit Véralliez, à 2 km au sud de la bourgade d’Agaune. La tradition raconte que les corps furent inhumés ensuite par les habitants du lieu. Les chrétiens de la région d’Agaune l’apprirent, bien sûr, et on peut imaginer leur reconnaissance envers cet officier romain, mais chrétien comme eux, qui les avait épargnés au prix de sa vie. Vers l’an 380, l’évêque du secteur, Théodore, fit rassembler les restes des soldats Martyrs pour leur donner une digne sépulture dans des caveaux au pied de la falaise de la bourgade d’Agaune, et l’institua en sanctuaire - on dirait de nos jours en lieu de mémoire - . En 515, le sanctuaire devint abbaye. Agaune changea de nom pour s’appeler Saint Maurice et le nom de Maurice devint des plus respectés et populaires. Il devint le saint patron des soldats alpins et des gardes suisses. Son nom fut donné à un grand nombre d’églises...dont celle d’Arches. Il faut noter que le moine saint Amé, né à Grenoble vers 560 et mort à Remiremont en 628, fondateur du premier monastère de Remiremont, fut pendant 30 ans moine de l’abbaye Saint Maurice d’Agaune.


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